© Claude Desrosiers 1997
(Cook, 1984), (Cimon, 1986)
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C'est la plus petite de nos tortues. Elle est aussi à l'aise dans l'eau que sur terre. Elle est mi-terrestre et mi-aquatique. Son régime est principalement carnivore et elle se nourrit surtout de petits invertébrés de toutes sortes. Elle peut aussi manger à l'occasion de la végétation aquatique. Sa taille dépasse rarement 13 cm. Au Québec, elle est assez rare. On la retrouve principalement au sud du Québec dans l'Outaouais et dans la rivière St-François.
La tortue des bois (Clemmys insculpta)
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C'est la plus terrestre de nos tortues. Elle vagabonde fréquemment dans les champs et les forêts loin de tout point d'eau. C'est une tortue omnivore qui se nourrit aussi bien de végétation que d'invertébrés. Elle mesure environ 23 cm. Elle est retrouvée dans le sud du Québec, en Estrie, dans la région de Québec, dans les Laurentides et dans tout le Nouveau-Brunswick. C'est ce qui explique qu'on la retrouve quelques fois dans la Vallée de la Matapédia. Curieusement, elle est absente de l'Outaouais et est observée en Abiti-Témiscamingue.
La tortue de Blanding (Emydoidea blandingi)
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Cette tortue est aussi appelée tortue demi-boîte à cause de la charnière de son plastron qui permet la fermeture partielle de son lobe antérieur. Elle est surtout aquatique et se retrouve principalement dans les lacs et les marécages. Son régime est carnivore et elle peut à l'occasion manger des plantes. Elle peut mesurer de 25 à 27 cm. Sa distribution au Québec se limite au Parc de la Gatineau.
La tortue géographique (Graptemys geographica)
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Son nom vient du fait des motifs qui ornent sa dossière et qui rappellent une carte hydrographique. Elle est très aquatique et préfère les vastes étendues d'eau comme les rivières ou les lacs. Cette tortue se nourrit principalement de mollusques mais peut aussi ingérer d'autres organismes ainsi que des plantes. Sa taille peut varier de 26 à 28 cm à l'âge adulte. On la retrouve principalement dans le sud-ouest du Québec (lac Champlain, lac des Deux Montagnes, lac St-François, rivière des Outaouais).
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Cette espèce de tortue présente une adaptation particulière. Elle a subi la régression de sa carapace qui a été remplacée par un épiderme kératinisé qui lui donne son apparence de cuir. Cette tortue est strictement aquatique et ne sort pratiquement jamais de l'eau sauf pour pondre. Son régime est carnivore et charognard, elle peut se nourrir de plante à l'occasion. Elle est très agressive et n'hésite pas à mordre si on la dérange. Sa taille peut atteindre 43 cm. Au Québec, on ne la retrouve que dans l'Outaouais et dans le lac Champlain.
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Photos de tortues peintes
| Peinte 1 | Peinte 2 |
C'est une tortue très colorée. Elle se fait souvent chauffer au soleil sur des troncs submergés ou des rochers affleurant l'eau. Elle est très timide et se précipite dans l'eau à la moindre alerte. Elle est facilement apprivoisable et peut se garder en captivité. Elle est également omnivore et peut manger de tout mais principalement de la végétation aquatique. Elle peut atteindre 25 cm. On la retrouve dans l'Outaouais, en Estrie et dans les Laurentides.
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Photos de chélydres
| Chélydre 1 | Chélydre 2 |
Cette tortue est la plus grosse du Québec et la plus commune. Elle possède une forme très archaïque et est très dangereuse. Elle doit être considérée comme un alligator. Une chélydre de 12 kg (26 livres) peut facilement sectionner un doigt et peut sortir son cou pour happer à près de 45 cm de distance. Elle est omnivore et peut pratiquement manger n'importe quoi, de la végétation à la charogne en passant par des poissons et des canards. On a déjà répertorié des individus pesant 22,5 kg (50 livres). Sa répartition est très vaste. Elle monte jusqu'au Lac-St-Jean mais n'est pas retrouvée à l'est de Québec.
En général, le dimorphisme chez certaines espèces de tortues se présente par de longues griffes antérieures et une queue plus grosse chez le mâle. Chez la Chélydre cependant, il ne semble pas y avoir de dimorphisme évident. (Cook, 1984)
Cette structure est comparable à une moitié de pénis. C'est en fait une forme de gouttière qui canalise le sperme dans le cloaque de la femelle. Il possède, une fois gorgé de sang, une structure lui permettant de se maintenir dans le cloaque de la femelle. (Porter, 1972)
Entreposage de la semence
Il est maintenant reconnu qu'une tortue
qui est accouplée par un mâle peut pondre des oeufs féconds et viables pendant
plusieurs années. En moyenne, l'entreposage peut durer jusqu'à 4 ans.
Évidemment, à partir du moment de la fécondation, le pourcentage d'oeufs viables
dans une ponte diminue d'année en année. Cette caractéristique est considérée
comme une adaptation à la possibilité d'absence de partenaire vu la rareté des
rencontres mâles-femelles. (Goin, 1971)
Le nid de cette tortue est simplement une excavation assez grossière dans le sol. La profondeur d'un nid peut atteindre 35 cm et le nombre d'oeufs varie autour de 40. Une grosse chélydre de 20 kilos peut produire jusqu'à 60 oeufs. Ils sont la grosseur d'une balle de ping pong. Ils possèdent une coquille résistante et flexible. (Cimon, 1986)
Cette tortue, lors de la période de la ponte, creuse son nid en s'aidant de son urine qui ramollit le sol séché. La forme générale du nid vu en coupe présente l'apparence d'une poire. L'ouverture de ce trou ne dépasse pas 4 cm, ce qui le rend invisible une fois refermé. Les oeufs ont une forme elliptique longue de 2 à 3 cm. Elle peut en pondre de trois à dix. (Cimon, 1986)
En général, dans la nature, l'incubation dure approximativement trois mois. Elle peut être influencée par les conditions atmosphériques qui vont prolonger cette période ou la raccourcir. (Porter, 1972) En incubation artificielle à température de 28 à 29ºC, les oeufs éclosent au bout de deux mois.
Lors de la ponte, le disque germinatif contenu dans le vitellus n'a pas de position précise. Une fois l'oeuf stabilisé dans le nid, il y a migration de l'embryon et fixation de celui-ci dans la partie supérieure. Il peut alors débuter son développement. (Goin, 1971), (Manner, 1964)
Lors du développement de l'embryon, les conditions atmosphériques varient et plusieurs études ont démontré que le sexe de certaines espèces de tortues était intimement lié à la température. C'est le cas de la chélydre et de la tortue peinte. Des températures inférieures à 22ºC ou supérieures à 28ºC donne principalement des femelles tandis que si on incube aux températures intermédiaires, on obtient des mâles. D'autres espèces de tortues ne sont pas influencées par la température mais par le degré d'humidité du nid. (Gutzke, 1984), (Scwarzkopf et al, 1985), (Wilhoft et al, 1983)
Une fois le développement effectué, la jeune tortue sort de l'oeuf à l'aide d'une "dent" qui est une excroissance du museau. Elle est aussi aidée par la pression des gaz contenus dans l'oeuf. Une fois sortie de l'oeuf, elle doit demeurer dans le nid pour une période d'une à deux semaines. Cette tortue possède encore un sac vitellin qui n'est pas vide. Cette période correspond à sa résorption. Elle pourra enfin sortir par la suite. (Porter, 1972)
Si toutefois l'hiver est tôt cette année ou la température n'est pas propice, trop froide, la jeune tortue passera son premier hiver dans le nid. Il faut se rendre compte que malgré son enfouissement, elle n'est pas à l'abri du gel. Cependant, elles survivent à une mort certaine et sortent du nid le printemps suivant. Il semblerait que cette résistance soit due à une augmentation appréciable de la glycémie sanguine de la tortue. Cette résistance est toutefois limitée, car si la température du nid descend au-dessous de -10, c'est la mort.
La maturité sexuelle de la chélydre serpentine tourne autour de 11 à 13 ans et la première ponte a lieu à l'âge de 17-19 ans. La taille ne semble pas être un facteur limitant. (Galbraith et al, 1989)
La maturité sexuelle chez la tortue peinte varie de 4 à 6 ans. (Balcome et al, 1987)
La longévité chez les tortues est une chose ardue à déterminer car les individus en nature ont des annulis parfois très dure à lire. Cependant des estimations ont été faites pour différentes espèces. La cousine de la chélydre peut vivre une soixantaine d'année et les tortues d'eau comme la tortue peinte peuvent vivre en moyenne une trentaine d'année en nature et jusqu'à 50 ans en captivité . (Goin, 1971)
Balcome, Jonathan P. Et Lawrence E. Licht (1987) Somes aspects of the ecology of the midland painted turtle, Chrysemys picta marginata, in Wye Marsh, Ontario, The Canadian Field Naturalist, Volume 101, No.1, pp. 98-100
Cimon, Agathe (1986) Les reptiles du Québec, Bio-écologie des espèces et problématique de conservation des habitats, Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, Bibliothèque du Québec, 93 pages
Cook, Francis R. (1984) Introduction aux amphibiens et reptiles du Canada, Musée national des sciences naturelles, Musées nationaux du Canada, Ottawa, 21 pages
Galbraith, DA et Brooks, RJ et Obbard, ME (1989) The influence of growth rate and body size at maturity in female snapping turtles (Chelydra serpentina), Copeia, No.4, pp. 896-904
Goin, Coleman J. Et Goin, Olive B. (1971) Introduction to herpetology, 2e édition, W.H. Freeman and Company, San Francisco, 353 pages
Gutze, WHN et Paukstis, GL (1984) A low threshold temperature for sexual differenciation in the painted turtle, Chrysemys picta, Copeia, No.2, pp. 546-547
Porter, Kenneth R. (1972) Herpetology, Saunders, Philadelphie, 524 pages
Scwarzkopf, Lin et Brooks, Ronald J. (1985) Sex determination in Northern Painted Turtles: effect of the incubation at constant and fluctuating temperatures, Canadian Journal of Zoology, Volume 63, pp. 2543-2547
Storey, KB et Storey, JM et Brooks, SPJ et Churchill, TA et Brooks, RJ (1988) Hatchling turtles survive freesing during winter hibernation, Proc. Natl. Acad. Sci., Vol. 85, No.21, pp. 8350-8354
Wilhoft, DC et Hotaling, E et Franks, P (1983) Effects of temperature on sex determination in embryos of the snapping turtle, Chelydra serpentina, Journal of Herpetology, Vol. 17, No.1, pp. 38-42, NJ, USA
© Claude Desrosiers 1997
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